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Le chaos digital

Le chaos est l’opposé de l’ordre, de l’harmonie, du cosmos. Le chaos est informe, déstructuré, fragmenté. Il ne possède pas d’orientation.

Nous vivons dans un chaos bien particulier. Ce chaos est né de l’avènement de la révolution digitale. La révolution digitale s’est élancée à la conquête du monde. Elle a pénétré l’intérieur de nos vies. Elle structure nos habitudes les plus courantes. Et ce n’est qu’un commencement.

Internet a bouleversé nos rythmes cognitifs. Internet est venu accompagné de la promesse d’un accès instantané à la connaissance. Mais l’accès instantané à la connaissance a entrainé nos mémoires dans l’atrophie et nombreux sont ceux qui ont épousé l’idée vaine que la technologie parviendrait, une fois pour toutes, à nous débarrasser de la nécessité de devoir penser, distinguer et discerner par un effort de réflexion.

Télécharge cette application et ta vie deviendra simple et facile. Télécharge cette autre application et ta vie deviendra encore plus simple et facile et belle et libre et merveilleuse. Fausse promesse qui conduit à l’éclatement et l’impuissance — des centaines d’applications qu’il faut apprendre, maîtriser et constamment mettre à jour. Fausse promesse d’une simplicité qui ne devient simple qu’au prix d’une complexité plus grande et qui engendre le grand désordre digital dans lequel nous vivons.

Engloutis par le tsunami sempiternel de notifications et d’emails, nous sommes devenus les esclaves de l’instant. Les actes les plus essentiels de la vie — parler, aimer, réfléchir, écrire, contempler — sont à la merci, à chaque microseconde, de l’intrusion de futilités dont la banalité infernale échappe à nos consciences engourdies.

Nous sommes esclaves du chaos digital. La technologie ne rend pas libre. La simplicité n’est pas téléchargeable. Au fond de nous-même, nous le savons.

Tout cela je le sais. Je le sens. J’en fais l’expérience, encore et encore. Pourtant demeure l’intuition profonde que la technologie, internet, la révolution digitale sont une force, une opportunité et que s’ils nous mènent à la décadence et à la bêtise, c’est à cause de notre paresse, de nos habitudes absurdes, de notre acceptation résignée d’en être les esclaves plutôt que les maîtres.

Le chaos digital existe. Il se tient devant moi à chaque seconde, prêt à m’emporter et à engloutir ma vie dans l’abysse informe et insignifiante d’une existence constituée d’une série ininterrompue de petits actes médiocres. Nous nous sommes laissés asservir par l’empire du superficiel et ses myriades de futilités pétillantes.

Il faut affronter le chaos digital. Il faut lui faire face. Il faut le vaincre.

Et lorsque nous l’aurons vaincu, il deviendra une force, une opportunité ; il deviendra un lieu de simplicité et d’ordre, le support de notre pensée, le chemin vers une nouvelle dimension cognitive. Il participera à notre quête pour parvenir à contempler la profondeur du réel.

Intégration — Un journal

Intégration est un journal. Un journal dont la vocation est de tracer un chemin au milieu des flots du chaos numérique, vers une cohérence, vers l’assimilation harmonieuse des éléments épars de notre univers digital.

Intégration est un chemin du chaos digital vers le cosmos digital. Un parcours du désordre vers l’ordre. Un effort pour vaincre la dispersion et trouver l’intégrité.

C’est un chemin que chacun doit, sans doute, parcourir seul. Du moins dans un premier temps. L’ordre et l’unité d’une vie ne peuvent naître que d’un ethos, une série d’habitudes et de comportements qu’il nous incombe d’imposer au désordre digital pour le transfigurer de l’intérieur et lui donner une forme, une logique, une cohérence organique.

Le concept d’intégration fait référence à un processus, une voie à suivre et sur laquelle il faut s’engager. Parvenir à un ordre digital implique une victoire sur le désordre numérique, la capacité de réunir les fragments de connaissance, d’informations et de communication dans un tout. Vaincre ne veut pas dire ici détruire, mais intégrer.

Ce processus d’intégration doit débuter quelque part. Cela peut se produire de bien des façons, car chacun aura la sienne. Mais il faut commencer.

Ce journal est une invitation. J’aimerais qu’il fonctionne sur un mode informel. Au fond, mon but est peut-être premièrement de l’écrire pour moi-même, afin de pouvoir avancer dans ma quête de simplicité digitale. Mais mon idée est aussi de partager des informations et des expériences avec l’espoir qu’elles puissent être utiles à d’autres dans leur recherche d’une vie plus simple dans laquelle les nouvelles technologies deviennent une source de joie et de liberté.

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