Les applications – La simplicité digitale par l’élimination

Les applications

Les applications sont le cœur de notre vie digitale. C’est grâce à elles que nous pouvons entreprendre des actions dans le monde numérique. Elles sont concrètes, actives et puissantes. Elles envahissent notre espace digital. Elles sont notre force. Elles consomment notre temps et nos nerfs par leurs incessantes demandes de mises à jour. Elles décuplent notre agilité.

Principe d’espace

Pour amener de l’ordre dans la confusion digitale, il faut comprendre que le principe d’espace, selon lequel un objet est en droit d’occuper de l’espace dans la mesure de son utilité, s’applique également dans le monde numérique. Cette vérité fondamentale peut paraître contre-intuitive, puisqu’un ordinateur ou un smartphone, un peu comme le sac extensible d’Hermione, peut contenir une kyrielle interminable d’applications sans occuper un millimètre cube supplémentaire. Un ordinateur fermé semble toujours bien rangé, quel que soit le désordre qui l’habite.

Le sac extensible d’Hermione dans Harry Potter

Chaque application installée exige un effort

Chaque fois que j’installe une nouvelle application, cela implique:

  • d’apprendre à l’utiliser
  • de la mettre à jour régulièrement
  • d’apprendre continuellement ses nouvelles fonctionnalités

Initialement, je dois investir un effort pour m’orienter dans l’interface de l’application, pour en comprendre la logique et en intégrer les possibilités dans mon univers digital. Pour en déployer le potentiel, il me faudra la connaître en profondeur et explorer des interactions inédites avec la galaxie préexistante de mes autres applications. Pour cette raison seule, il faut que je développe la discipline intérieure nécessaire pour éviter de sombrer dans la dissipation chronophage symptomatique de la téléchargite compulsive. Lorsque je maîtrise l’application, lorsqu’elle fait corps avec mon flux de travail, je dois consacrer du temps à la mettre à jour —  à moins de la laisser choir dans l’obsolescence et la laisser devenir un risque de sécurité pour mon ordinateur. Je suis conscient que la possibilité de faire des mises à jour automatiques existe, mais c’est une problématique plus complexe qu’elle n’y paraît: je laisse cette question pour un article ultérieur. Certaines mises à jour exigent que l’ordinateur redémarre (ce qui n’est pas forcément désirable en pleine journée de travail) et d’autres peuvent causer des problèmes de compatibilité, ou pire encore, briser une un flux de travail bien maîtrisé en plein milieu d’un projet crucial dont la deadline approche. De plus, pendant que l’ordinateur fait des mises à jour, il utilise ses propres ressources limitées, ce qui provoque un ralentissement dans les tâches pour lesquelles vous en avez besoin au même moment. Outre les mises à jour, je dois également apprendre à maîtriser les nouvelles fonctionnalités de chaque application que j’utilise régulièrement (le changement dans les fonctionnalités et l’interface à un rythme triennal appartient à l’époque révolue du règne incontesté de la suite Office de Microsoft durant les années 90’). Pour chaque application excellente et polyvalente, je dois certainement renouveler ma licence annuelle et peut-être mettre à jour les données échues de ma carte de crédit dans un compte online dont j’ai sans doute oublié les identifiants. Ce sont des micro-tâches. Mais elles s’accumulent implacablement, selon la formule mathématique suivante et cela pour chaque application:

+     Temps d’apprentissage initial
+     Temps de mise à jour répété sempiternellement
+     Temps d’adaptation à l’évolution de l’application perpétuellement ———————————————————————————
=     Mythe de Sisyphe 2.0

Ceci signifie que même si j’esquive les symptômes chronophages de la téléchargite aigüe, le simple fait que mon ordinateur soit peuplé d’une flotte innombrable d’applications signifie que je dois investir  un effort perpétuel de maintenance.

La nécessité d’éliminer l’inutile

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer.

— Antoine de Saint-Exupéry

Il faut laisser respirer ce qui est beau et bon.

Une application utile noyée dans une masse de gadgets numériques, perdue dans la trivialité futile d’une pléthore de softwares de seconde zone, ne pourra pas facilement déployer son rayonnement et son impact positif sur mon workflow. Mieux vaut une application bien maîtrisée que 10 applications dont j’ai oublié les noms. Il faut maintenant passer à l’action et faire de l’ordre. Dans la suite de cet article, je vous propose de faire un pas vers la simplicité digitale en éliminant les applications inutiles de (1) votre ordinateur et de (2) votre smartphone ou tablette.

Le critère d’élimination

Il y a longtemps que je suis conscient de la nécessité d’éliminer l’inutile de ma vie et il y a longtemps que je me préoccupe de trier régulièrement mes possessions physiques. J’ai découvert récemment les livres La Magie du rangement et Ranger: l’étincelle du bonheur de Marie Kondo. Elle est devenue un phénomène mondial avec sa méthode de rangement KonMari et je pense que les principes qu’elle applique au monde physique pour ranger une maison peuvent être transférés dans le monde digital. Ce qui est particulièrement intéressant dans sa méthode (pour comprendre le concept sérieusement, il faut lire ses livres) est qu’elle cherche à donner un critère simple pour décider quels objets conserver et lesquels jeter. Le principe est de toucher les objets et de sentir intuitivement si l’objet amène de la joie — définie dans un sens large et synthétique qui inclut aussi les notions d’utilité et de beauté. Si c’est le cas, il faut garder l’objet. Dans la négative, il faut se départir de l’objet. L’idée n’est pas seulement de tenir un critère qui permet de faire des choix sans tergiverser jusqu’à la fin des temps, mais également d’avoir un critère qui permet de vivre dans un environnement constitué d’objets que l’on aime et qui nous donne de la joie.

Une des plus belles ruses pour accroître votre productivité est d’avoir des outils que vous prenez plaisir à utiliser.

— David Allen, Getting Things Done

Le problème de l’utilisation de critères “rationnels” dans la décision de garder ou jeter des objets physiques ou des softwares est qu’ils sont presque toujours biaisés par une logique conservatrice fondée sur un sentiment d’angoisse: “Ceci pourrait être utile plus tard et, si je le jette, il va peut-être me manquer”. Tout est dans ce “peut-être”. Il y a une chance sur cent que la chose me soit utile, donc je la garde. Après tout je l’ai achetée. En analysant mes propres sentiments, j’en suis arrivé à la conclusion que c’est mon aversion face à l’acte de dépossession volontaire qui donne sa force ce peut-être pseudo-rationnel qui me pousse à tout garder. Le déficit de ma capacité de détachement aveugle ma raison. Je sens bien qu’au fond de mon cœur est tapie l’angoisse métaphysique de la perte. La peur d’avoir moins. Marie Kondo nous rappelle que l’on peut acheter à nouveau un objet dont on s’est départi par erreur. C’est la même chose pour un software. Les conséquences sont rarement irréversibles. Quelle raison peut-il y avoir à garder 99 objets inutiles pour l’unique objet sur cent qui un jour redeviendra utile et que je pourrai facilement remplacer le moment venu? Car si l’objet ou le software présentement inutile va peut-être me manquer plus tard, j’ai la certitude qu’il encombre aujourd’hui mon espace physique ou digital. Je reformule la règle que je me donne: un software est en droit d’occuper de l’espace sur mon ordinateur dans la mesure où il contribue à ce que je veux accomplir. Et s’il me donne de la joie — ce qui est presque la même chose, si vous prenez la peine de lire les livres de Marie Kondo. La question n’est donc pas: est-ce que cette application est inutile? Mon réflexe de conservation ne manquera pas d’engendrer les scénarios narratifs les plus improbables pour trouver des cas de figures rocambolesques où oui, bien sûr, j’en aurai tout de même besoin. La question doit être positive: est-ce que cette application me donne de la joie, est-ce qu’elle contribue à la vie que je veux vivre, est-ce que je l’utilise régulièrement? Si oui, je la garde. Si non, je la désinstalle.

One does not accumulate but eliminate. It is not daily increase but daily decrease. The height of cultivation always runs to simplicity.

— Bruce Lee

(1) Épuration de mes applications dans mon Mac

Si je n’avais pas pris la décision d’acheter un MacBook Pro il y a environ une décade, je ne serais pas le même homme aujourd’hui. Mais c’est une longue histoire que je laisse pour plus tard. Quoi qu’il en soit, cela signifie que je vais me borner à donner des détails sur l’implémentation concrète de ce que je propose ici de faire uniquement sur Mac. J’outrepasserais grossièrement le champ de mes compétences en prétendant donner des conseils pour les utilisateurs de Windows (ou Linux).

Cela dit, si vous êtes utilisateur de Windows, n’hésitez pas à partager dans les commentaires de cet article des conseils concrets utiles pour implémenter la démarche proposée ici sur Windows. Je vous en remercie d’avance.

Pour entreprendre ma session d’épuration d’application, j’ai fait la chose suivante: j’ai ouvert le dossier Applications dans Finder pour pouvoir voir l’ensemble des applications qui se terraient dans les entrailles de mon ordinateur. Ensuite, j’ai passé en revue chaque application, une après l’autre, en me posant la question de savoir si elle me donnait de la joie, si je l’avais utilisée durant les derniers mois, si elle contribuait à ce que je fais avec mon ordinateur.

Pour chaque application, j’ai pris une décision: garder ou désinstaller.

Je me suis débarrassé d’environ 30 applications et j’ai allégé mon ordinateur de presque 2 GB (ce qui en soi n’est pas grand-chose). Surtout, j’ai éradiqué la foultitude de fichiers que chacune de ces applications inutiles ou vétustes avait installés un peu partout à l’intérieur des circuits de mon ordinateur. J’en ai profité pour effacer de la face de mon disque dur des fichiers d’installation et de désinstallation périmés. Pour désinstaller les choses de manière canonique, il faut aller au-delà du simple poussage de l’application dans la corbeille. Il faut utiliser un software qui permet d’identifier les fichiers tiers que l’application a installés dans l’ordinateur (profils, données liées, etc.). Il faut se souvenir bien sûr que si vous avez des données utiles liées à une application dont vous avez besoin, il faut d’abord les sauvegarder ou les migrer avant de les jeter aux oubliettes. Cela peut être le cas, par exemple, pour un client email ou un calendrier.

Afin de mener à bien mon épuration d’applications, j’ai utilisé la fonctionnalité de désinstallation (uninstaller) de l’exceptionnel CleanMyMac 3 (essai limité gratuit, puis payant — il existe aussi une version PC: CleanMyPC), qui est un logiciel qui permet de faire régulièrement et simplement le ménage sur Mac. En parallèle, j’ai utilisé la très simple application AppCleaner (gratuite) de freemacsoft.net dont la principale fonction est précisément d’effacer automatiquement les fichiers liés à une application que l’on veut supprimer.

 

Interface de CleanMyMac 3

CleanMyMac 3

C’était une expérience assez amusante de faire le tour de mes applications. Dans certains cas j’ai dû lancer l’application pour me souvenir à quoi elle pouvait bien servir — en général un signe clair qu’elle était candidate pour le shredder. Je suis même tombé sur des applications qui ne pouvaient plus fonctionner à moins que je retourne à une version plus ancienne de l’OS de mon Mac.

Mon dossier Applications sur Mac AVANT la purge

Applications Mac – Simplicité digitale

Mon dossier Applications sur Mac APRÈS désinstallation

Un mot de prudence pourtant: avant de commencer votre nettoyage de printemps, il est bon de faire un backup complet (qui inclus les applications, pas seulement vos fichiers personnels) de votre ordinateur, que vous puissiez restaurer une application ou ses fichiers liés en cas de besoin. Sur Mac, il suffit de faire un backup TimeMachine (si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous suggère fortement de cliquer sur le lien précédent et de prendre le temps de mettre en place votre stratégie de sauvegarde de votre ordinateur). Les applications qu’il ne faut pas (essayer de) désinstaller sont celles qui font partie de l’OS du Mac (ou du PC). Sur Mac, ces applications sont protégées contre la désinstallation et si je comprends bien ce qui est suggéré sur cette page, elles vont de toute façon être réinstallées lors de chaque mise à jour de l’OS. Apple est bien connu pour ne pas se laisser faire si facilement. Je ne toucherais pas aux applications situées dans le dossier Utilities (elles aussi font partie d’OSX). Il s’y trouve des applications qui pourraient s’avérer tout à fait cruciales pour la suite de votre quête de simplicité digitale. Une fois que j’ai terminé ce processus de purge, j’ai observé de manière très nette que mon ordinateur a accéléré. Je suppute qu’une partie des applications que j’ai désinstallées de fond en comble grâce à CleanMyMac et AppCleaner avaient déposé une ribambelle de joyeux fichiers qui déclenchaient en sourdine toutes sortes d’actions consommatrices de CPU ou complexifiant l’indexage et ralentissant mon ordinateur. De la même manière que, lorsque l’on a terminé de trier sa maison, émerge naturellement un sentiment d’espace dans lequel tout semble plus simple et plus lumineux, de même mon ordinateur semble m’avoir récompensé de l’avoir délesté de fichiers inusités ou mathusalémesques par un bon énergétique de jouvence fort bien bienvenu — je suis l’heureux propriétaire d’un MacBook Pro 13’’ qui date de l’année 2014 et qui n’est plus dans sa prime jeunesse.

Simplification de la navigation vers les applications

J’en ai profité pour simplifier mon Dock en y laissant uniquement les applications les plus cruciales de mon cosmos digital: Evernote, Chrome, Dashlane, Mail et TextExpander (qui ne semble vouloir fonctionner que s’il est dans le Dock). De manière générale, par souci de rapidité, j’utilise Spotlight pour lancer des applications (il suffit de taper la touche de commande + la barre espace, puis taper le nom de l’application et presser Enter pour lancer une application). Dock Mac après élimination J’ai aussi fait le ménage dans la barre supérieure de mon Mac, ce qui aura l’avantage que les menus longuissimes de certaines applications ne vont plus empiéter sur ladite barre et ces icônes fort utiles. Sur Mac, il suffit de tenir la touche commande pour glisser-réorganiser (ou éjecter) les icônes dans la barre. Certaines icônes nécessitent d’aller dans les préférences de l’application pour les retirer et d’autres (la loupe de spotlight et le centre de notifications) sont prévues pour rester — à moins de vous lancer dans des opérations plus complexes dans le Terminal que je ne vais couvrir ici.

Mac topbar AVANT épuration

Mac topbar avant épuration

Mac topbar APRÈS épuration

Mac bar après épuration

Épuration des applications sur mon iPhone

J’ai appliqué les mêmes principes aux applications de mon iPhone (je me suis contenté de supprimer celles que je ne voulais plus), ce qui m’a permis, en faisant quelques regroupements d’applications de passer de 5 écrans d’applications à 3 écrans. J’en ai aussi profité pour mettre côte à côte les applications semblables et optimiser l’ergonomie de l’écran d’accueil selon l’usage que je fais de mes applications les plus importantes. iPhone écrans simplifiés

Pour conclure

Cette épuration des applications sur mon Mac et mon iPhone ne m’a pas pris énormément de temps et le fait de l’avoir fait une fois intégralement me donne une base solide pour éviter le renouvellement du phénomène de surpeuplement. Mais il ne faut pas sombrer dans l’optimisme. Il faut rester vigilant et prévoir de faire un tour de propriété pour chasser régulièrement les intrus. Si vous avez des questions ou des compléments d’informations utiles, vos commentaires sont les bienvenus ci-dessous.  Je ne considère pas que mes screenshots avant-après soient particulièrement impressionnants en termes de contraste (mon ordinateur était déjà relativement bien maintenu). Si vous suivez la démarche proposée et faites des screenshots (haute résolution svp) avec un contraste plus parlant entre la situation avant et après, je les intégrerai comme illustrations à la fin de cet article. Je vous en remercie d’avance.

2 commentaires

  1. Je dois m’excuser auprès des propriétaires de Mac ou de sacro-saints iPhones, je ne vois quant à moi qu’une volonté de la part d’Apple de fragmenter le monde en deux parties. Ceux qui sont « dans le vent », « design » avec une carte bancaire bien garnie… et les autres. Je m’explique, preuves à l’appui et à la lueur de cet article :
    – Lorsque vous avez un ordinateur (ou un simple téléphone) fabriqué par Apple, pour avoir le droit d’installer ces fameuses applications, il faut désormais donner un numéro de carte bancaire. C’est même une des premières choses que l’on vous demande.
    – Lorsque vous demandez un compte Google pour Android, ce choix d’indiquer la carte bancaire est facultatif. J’utilise sans carte une tablette sous Android depuis plus d’un an et je m’en porte très bien. J’ai installé toutes les applications gratuites et désinstallé les applications trop étouffantes en publicités ou celles qui ne ne me convenaient pas sur le champ et sans aucun problème.
    – De nombreuses applications sous Mac ou iPhone sont payantes (et vraiment chères) alors que nous avons les équivalents gratuits sous Android ou PC.

    Je ne veux pas parler des témoignages allant dans le sens d’un contrôle et d’un espionnage intensif de la part d’Apple sur ses utilisateurs, mais nos amis qui souhaiteraient en savoir plus peuvent aller se renseigner ailleurs sur Internet.

    C’est pourquoi je dit que pour être à la mode, design et dans le vent, il vous faut soit un iPhone ou un Mac. Je suis loin de dire que Microsoft ou Google sont parfaits, toutefois ils me semblent beaucoup plus faire pour l’Open Source qu’Apple, bien assis « indéfiniment » sur des lauriers absolument pas mérités…

    Rien que le mot « application » me fait ressentir que je suis hélas devenu un vieux schnok. De mon temps on a toujours appelé cela un « programme », voire un « logiciel ». Wow, quelle belle époque façonnée actuellement par les dirigeants d’Apple ! Mais devons-nous obligatoirement nous y soumettre ???

    Il est dommage que l’on évoque pas dans cet article cette merveilleuse possibilité offerte aux possesseurs de PC uniquement (bon, désolé pour les autres) de pouvoir installer ce que l’on appelle des applications portables. Il s’agit d’applications gratuites, peu gourmandes en ressources qui ne s’installent pas au même titre que les programmes, mais qui s’exécutent directement. Elles ont l’avantage de pouvoir être transportées sur tous les supports compatibles (euh, non, pas sur les Mac, bien sûr), ce qui est très pratique lorsque vous voulez pouvoir conserver vos références en déplacement. Bref, il s’agit du contraire de ce qu’on essaie de vous refourguer à longueur de journée et que certains poètes ont nommé « les boufficiels ».
    Citons l’exemple de Skype, par exemple sa version portable est très pratique et légère (« comme dans le temps » dirions-nous, les vieux schnocks ici présents) et qui vous permet, chose incroyable, d’utiliser ce programme sans aucune publicité ni fioriture mais cependant avec la plus grande efficacité professionnelle.

    Voilà pourquoi je pense que la simplification passe obligatoirement par l’abandon de certaines croyances engendrées par les publicités ou la mode, mais bien entendu, je n’oblige personne à me suivre sur ce chemin….

    1. Cher Laurent,

      Merci pour votre commentaire détaillé.

      Il y a de nombreuses raisons d’aimer et de détester Apple.

      C’est sans doute l’une des forces d’Apple de ne pas laisser indifférent. D’une part les fans enthousiastes et parfois aveugles. D’autres part des critiques farouches.

      Je suis moi-même critique envers la fermeture commerciale d’Apple et les contraintes qui s’imposent aux utilisateurs, en particulier en ce qui concerne l’iPhone. L’aspect propriétaire de la philosophie de marketing d’Apple ne me semble ni nécessaire ni utile et je m’en lasse parfois sérieusement.

      Je vous invite à réfléchir sur la question du design, que vous semblez n’appréhender que sous l’angle d’une mode commerciale dans l’ère du temps.

      La question du design est une question profonde. Sérieuse.

      Le design est au coeur de la révolution informatique et digitale. Les implications philosophiques, anthropologiques et industrielles du design sont immenses, car c’est au travers de l’avènement du design que la technologie est sortie de la laideur froide d’une utilité dépourvue de beauté (penser à la révolution industrielle du XIXe siècle) pour s’élever dans une nouvelle dimension qui marie le monde des artistes (graphisme, visuel, ergonomie) avec celui des ingénieurs et programmateurs.

      Steve Jobs, avec Apple, a posé les fondations de notre relation à l’objet ordinateur. C’est lui qui a introduit le clavier, la souris et l’écran, dont les ordinateurs étaient précédemment dépourvus. L’obsession de Steve Jobs pour l’ergonomie — par un souci constant de l’expérience réelle de l’utilisateur — et pour la beauté et la simplicité ont ouverts des voies nouvelles.

      Le rôle d’Apple en termes d’innovation a été immense et dépasse de loin le concept de mode. Après tout, ce sont les iPhones qui ont ouvert la voix aux téléphones Android. De même pour les tablettes.

      En termes d’applications, encore une fois en particulier sur l’iPhone, l’écosystème d’Apple est certes trop fermé — et je suis le premier à m’en désoler — mais la sélection des applications signifie également qu’elle sont, de manière générale, de meilleure qualité, précisément parce qu’elles doivent passer sous les fourches caudines d’une batterie de tests.

      La supériorité du Mac en termes de stabilité et sa capacité naturelle à intégrer des terminaux externes (imprimantes par exemple) lui donne de mon point de vue une valeur ajoutée importante par rapport à la majorité des PC. Pour cette raison, je suis prêt à payer mon Mac plus cher. C’est une question de budget, évidemment, mais aussi de logique d’investissement. Pour ma part, je préfère payer plus cher afin de réduire le temps consacré à résoudre des problèmes techniques et des problèmes de softwares ou d’OS.

      En fin de compte, chacun est libre.

      Je ne comprends pas bien en quoi cela pourrait vous gêner que quelqu’un décide de dépenser son propre argent pour acheter quelque chose que vous penser pouvoir obtenir pour moins cher.

      Laissez-moi acheter mon application à 10 CHF et vous pouvez de votre côté acheter votre application équivalente à 3 CHF ou gratuite. C’est la liberté du marché et de l’offre et de la demande.

      J’aime aussi beaucoup ce que fait Google et je n’ai rien contre Android. Je pense que G Suite — pour prendre un produit phare de Google — est en droit d’espérer de supplanter la suite Microsoft Office dans les années qui viennent. La puissance d’innovation de Google demeure aujourd’hui inégalée.

      Pour ma part, je me situe, en tant qu’utilisateur, sur une ligne qui chercher à combiner Apple et Google. Vous laisser Apple en-dehors. C’est pour ma part Microsoft que je laisse de plus en plus en-dehors de mon cosmos digital, bien que j’en utilise également les applications, pour la simple raison que la majorité des autres êtres humains les utilisent et ne vont pas cesser demain de m’envoyer de fichier .docx.

      J’aime bien l’expression “boufficiels”, que je ne connaissais pas.

      Concernant les applications portables sur Windows, est-ce que vous pouvez fournir un ou deux liens avec des références?

      Quant à la question terminologique entre “applications”, “programme” et “logiciel”, elle est intéressante et je vais y réfléchir plus en profondeur. Le déplacement sémantique est évident. Un “programme” et un “logiciel” appartiennent plus au champ sémantique de l’ingénieur. “Application” est un terme plus pragmatique, plus orienté vers les bénéfices qu’un utilisateur humain peut retiré du logiciel.

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